L’empreinte ne reste pas
Sur le chemin parcouru
Peut-être y-a-t-il
Des restes de silhouettes
Eparpillées çà et là ?
Qui peut les deviner ?
Sous ces frondaisons
Enchantées par la brume
En voiles de robes
Déchirées
Ar des fées enfuies.
L’être est passé
Mais il a laissé sa marque :
Car ayant aimé
Les lumières et les ombres
Jouant ensemble
Avec les branches osmosées,
La forêt a reçu de lui
Son amour
Et il a reçu d’elle
Une part de son mystère
Et de son aura
Pour habiller la sienne.
La Science des sciences
Seule sait
Pouvoir expliquer cela :
La beauté d’une promenade
Quand celui qui l’a décidée
A décidé également
De s’imprégner de cet amour
Pour avoir toujours l’envie
De continuer ses pas
Vers d’autres contrées
Avec toujours le même plaisir
Soit disant silencieux
D’aimer.
Ce poème n’est pas à dire :
Il est à murmurer.
Comme un vol de papillon
Cherchant la nourriture
Par la beauté
Comme un vol d’oiseau
Chantant
Ne faisant rien d’autre
Que virevoltant
Sa légèreté
Comme on danse un soir d’été.
La vie est ainsi
A chaque instant semée
Comme une graine de fleur
Qui va trouver sa terre
Pour coroller la vie
Et même si parfois
L’espoir n’est plus là,
La noirceur prenant le dessus
Et la lourdeur avec elle
Engluant les pas,
Sortir du chemin boueux
Est plus facile
Qu’on ne le croit
Car en levant la tête
On aperçoit
Toujours un oiseau
Ou un papillon
Qui montrent l’horizon
Auquel on a droit.
Dès l’Aube franchie
Des rires vont fuser,
Feux d’artifice de joie
Et de réalité.
Plus rien ne sera comme avant
Le passé aura trépassé
Envoyé dans l’oubli
Et cet apprêt que sera
Ce présent de Renouveau
Sera pour le plus beau
Des tableaux :
Celui de la marche en avant.
Il faut bien comprendre
Que ce n’est pas un cadeau
Mais une évolution nécessaire
Afin que le grand Verseau
Puisse déverser sa Lumière.
Et les grands esprits
Retourneront la terre,
Laissant derrière eux
Les traces de la pure Origine
Ainsi le Signe
Sera-t-il semé
Et les peurs oubliées,
Toutes ces peurs qui ont brandi
Leurs boucliers
D’illusions
Enfermant les hommes
Dans celles-ci.
Le crépusculaire de cette ère est présent
Comme l’est une fin d’hiver
Pour un nouveau printemps.
Une brume comme lancinante vient s’installer sur ce marché de Noël dans le petit bourg. Il fait assez froid mais cela n’a pas empêché nombre de villageois de sortir. Vin chaud, marrons grillés, guirlandes illuminées, la tradition ne s’oublie pas. Il semble même régner dans cette foule bigarrée comme une certaine joie empreinte de sérénité. Sauf là, en bas du kiosque, adossé contre son mur, un SDF. A peine 40 ans, les cheveux longs, une coupe devant lui avec quelques pièces et un carton sur lequel est inscrit : SVP. Rien d’autre. En guise de vêtements, une polaire kaki et un pantalon en velours côtelé et ses mains protégées par des mitaines, l’obligeant à souffler souvent sur ses doigts ankylosés par le froid.
Un oiseau soudain se pose devant sa coupe. L’homme le regarde et sourit. Il sourit mais quand il voit l’oiseau faire le tour de la coupe plusieurs fois, ses petites pattes dessinant un cercle dans le peu de neige boueuse.
- Ben le piaf, dit l’homme : Qu’est-ce que tu fous ?
L’oiseau continue pendant une minute ou deux laissant l’homme perplexe. Puis il s’arrête. Net. Et fixe l’homme intensément.
- Je t’aime bien mais arrête là, tu me fiches la trouille !
L’oiseau s’en fout. Il entame à nouveau une ronde endiablée autour de la coupe et en pépiant en plus. Des gens s’arrêtent, interloqués.
- Il est à vous ? Demandent certains en déposant une pièce ou deux.
- Non, dit l’homme, vient d’arriver là me faire son cinéma.
Certains applaudissent même et la coupe se remplit et il y a même des billets ! Des petits billets me direz-vous mais un petit billet pour un pauvre hère c’est quoi ?
L’oiseau s’arrête de temps en temps tout en fixant le SDF, l’oiseau comme impassible. Lui, enfourne l’argent dans ses poches et le manège continue.
Il est près d’une heure du matin. On sent la fatigue s’installer partout (sauf chez l’oiseau). Chacune et chacun rentrent chez eux laissant la nuit aux étoiles qui la font briller.
Et brillent aussi les yeux de l’homme quand il compte le pécule récolté. Il ne peut s’empêcher de verser quelques larmes et à travers elles regarde l’oiseau en lui tendant la main. L’oiseau vient s’y installer. L’homme se lève. L’oiseau s’envole part et revient. Il part dans une direction comme pour lui dire où aller.
- Ben, tant qu’on y est, je te suis.
L’oiseau alors entame un vol de joie. Cela se voit. Il monte, il descend, il virevolte de gaieté. Les voilà sortis du village quand l’oiseau se pose sur une barrière. Derrière, une petite chapelle du VIIIème siècle, très vénérée et respectée par toute la contrée.
L’homme pousse la barrière et marche vers la chapelle. Mais l’oiseau ne va pas vers la chapelle. Il se dirige vers une petite bâtisse à côté.
L’homme y pénètre.
L’oiseau, aussitôt se met à picorer la terre dans un coin, s’arrête de temps en temps et regarde son compagnon.
- Tu fais quoi là ? Puis il semble comprendre ce que l’oiseau veut lui dire.
Alors il se met à genoux et creuse avec ses mains. De la terre argileuse dure et froide sur près de 20 centimètres et puis des cailloux.
Un travail de fou ça ! Dit l’homme à l’oiseau tout en souriant et peinant. Plus dur le sol. Il prend un caillou et tape. Ca fait un bruit métallique. Plus qu’intéressé (et ayant repris des forces) il s’acharne à dévoiler ce secret : Une boîte en métal sculpté d’angelots et d’étoiles. Il la dépoussière en soufflant et en balayant avec ses mains tout en regardant du coin de l’œil l’oiseau.
Pas de fermeture. Elle s’ouvre simplement. A l’intérieur, un livre, un opuscule avec comme titre son prénom : Pierre. Là Pierre est soufflé. Il lève la tête pour regarder l’oiseau. Mais l’oiseau n’est plus là. Parti, ayant accompli sa mission, il a laissé Pierre à présent commencer la sienne. Car ayant lu le livre d’un trait, il va découvrir les erreurs qui l’ont conduit à son errance et la solution pour se relever. Tout y est inscrit, certes, avec beaucoup de métaphores, afin que son esprit s’élève, mais avec beaucoup de beauté, afin qu’il soit élevé.
Les villageois reverront Pierre. Il s’est relevé.
Il est allé à la ville toute proche (y est resté près de deux ans) pour trouver une place dans cette société – Cela a été dur mais croyant à l’oiseau…).
Il est beau dorénavant car à la petite bibliothèque du village, il en connaît un rayon sur les livres (et les histoires d’oiseaux).
Au fait, j’ai oublié de vous dire : La bibliothèque a de nombreux livres sauf un :
Quelqu’un l’a brûlé.
Et dans l’azur infini,
Nulle mémoire
Ne s’inscrit,
La fuite du temps…
Ce n’est pas une fuite,
Vraiment :
C’est une marche en avant.
Les mémoires sont ailleurs,
Posées dans leur écrin
Prêtes à s’embellir
Et à s’enrichir
De Vie .
Le grand Cœur battant
Influe les êtres,
Invisible Foi
Invisible Puissance
Mais tellement Présence
Pour les êtres en émoi.
Faut-il imaginer
Qu’un jour toutes les barrières
Inutiles
Et les vains barreaux
Seront brisés par cette loi ?
Faut-il croire
Que la peur seule
Empêche le pas ?
Et qu’ainsi l’enracinement
Jugule l’avancée…
Descendre du Signe
N’est pas un rêve
Créé par les théosophes,
C’est le Signe lui-même
Qui s’est forgé
Dans leurs mémoires.
C’est le Grand bras séculier
Qui montre du doigt
Les errances religieuses
Afin que l’avancée heureuse
Soit entamée.
C’est le Souffle
Qui passe à travers
Toutes les geôles
Et tous les geôliers
Souriant de leurs épaisses murailles
Et de leurs fers aux pieds.
11/12/2008
Si la robe blanche de celui qui la porte peut se trouver parfois éclaboussée de poussière, que la poussière n’aveugle pas le vouloir de celui qui la porte.
( Oria : l’évangile de la colombe)
Aller cueillir
Un morceau d’arc-en-ciel
Ou trouver la cachette
Du papillon.
Aller dans la forêt
Un soir de brume
Et guetter la venue
D’une dryade scintillante.
Aller courir
Un après-midi d’été
Dans un immense champ de blé
En essayant d’attraper
Un peu de ce vent
Qui courbe les épis.
Aller tout en haut de la montagne
Et entonner le grand chant
De la Vie
En essayant par rapport à l’écho
D’avoir le dernier mot.
Alors si de tout cela
Il y a de l’impossible
Il y a la possibilité
D’en garder une part dans son cœur
Afin qu’il soit plus grand
Dans le grand champ
De l’Amour
Et ressentir en soi
Germer les fleurs de lumière
Et partir d’un grand rire
Aux éclats
En disant merci.
Il y a de l’hallali
Dans le temps présent
Ce temps rempli d’oublis
Et d’argent inconscient
Il y a cet hallali
Forgé de certitudes
Aux quatre coins des continents
Sachant que l’hébétude
Façonnera des visages
Etonnés
Et d’autres rayonnants.
C’est comme une histoire
Qui ne veut pas se raconter
Mais trame sa trame
En tissant le lien
Pour enrober les êtres
De lumière
Et les auréoler.
Il y a toujours du nouveau
Dans l’ancien
C’est l’arcane des visionnaires
Qui ne sont jamais sur terre pour rien
Comme les autres d’ailleurs
Qui devront ouvrir leur cœur
Comme un écrin.
S’ils filtrent la lumière
C’est pour mieux l’apprécier
Mais, parfois,
Quand ils sont à peine tirés
Pour un vain regard,
Les doigts qui les tiennent
Pincent aussi le cœur.
Et quand l’automne pleure ses couleurs
Ils s’ouvrent en un V renversé
Enfin l’hiver fige ce qui est en-deçà
Et les fleurs de givre
Décorent les vitres glacées.
L’enfant dessine sur elles
Des rêves de Noël,
Rêves de présents.
Au fond des chaumières
On pense au temps
Qui jamais ne se ride
On pense à son grand rideau
Qui va bientôt
Se refermer.
Puis se rouvrir à la nouvelle année
A la nouvelle lumière
Dans laquelle l’on pourra semer.
Les rides de l’âge
Sont des rideaux voilés
Qui ne masquent pas l’essentiel :
La grandeur d’aimer.
Si je pouvais aller là-bas
Au bout de la terre
Pour cueillir
Un sourire de petit eskimo
Je le mettrais dans ma besace
Et sur les traces
De mes pas légers
Vers le retour
Se dessinerait la lumière boréale.
Et je continuerais mon chemin
Mon itinéraire de pèlerin
Jusqu’au bout de l’Afrique
Pour cueillir la lumière
Dans le regard de l’enfant
Je la mettrais dans ma besace
Et sur les traces sablées
De mes pas toujours légers,
Le vent chaud soufflerait
Son remerciement.
J’irais par tous les continents
Cueillir des sourires
Et des éclats de lumière
Jusqu’au fin fond de la Chine
Où l’enfant unique est sacré
Jusqu’au fin fond de tous les pays
Pour enrichir ma récolte.
Et puis je rentrerais chez moi
Et déposerais tout cela
Dans un vase de cristal :
Il serait le Graal
Du chevalier non-errant
Il serait le Graal
Du pèlerin fatigué
Qui ressentirait peut-être
Une déception
Celle-ci alors prélude
A reprendre le bâton
Pour en quête d’émotions joyeuses
A nouveau parcourir
Avec la force heureuse
Les longues routes fastueuses
De bonheurs enfantins.